Saint-Livier : un pèlerinage, une chapelle et 1500 ans d'histoire
Ce dimanche 17 juillet, à 15h, aura lieu, sur les hauteurs du mont Saint-Jean, le pèlerinage de Saint-Livier. Cette cérémonie religieuse est un témoignage exceptionnel de la riche activité cultuelle du Saulnois.
Tout le monde connaît l'histoire de Livier, chevalier messin décapité, en novembre 451, sur la côte Saint-Jean, par les Huns d'Attila, après la terrible bataille de Metz. La légende veut qu'ensuite, le courageux soldat, par ailleurs très pieux, ait pris sa tête dans ses mains pour la reposer quelques mètres plus loin faisant jaillir une source qui aura plus tard des vertus curatives.
Les guérisons feront venir de toute la région des pèlerins, parfois plusieurs milliers dit-on, dont certains très célèbres, comme Henri II, duc de Lorraine, qui fit aménager une grotte autour de la source. Protégé et entretenu par les moines de l'abbaye de Salival qui possédaient au XIVè siècle une partie des reliques de Saint-Livier et accueillaient les pèlerins, le lieu connait une importante transformation lorsqu'en 1623, l'abbé de Salival, Jean de Gombervaux, fait construire une chapelle. Mais la guerre de trente ans la détruit presque complètement et l'abbaye se charge des réparations. Ils édifièrent même un ermitage et y installèrent un ermite.
Les pèlerins sont toujours plus nombreux et devant cet engouement l'abbé nomme, en 1670, un moine spécialement affecté à la préparation du pèlerinage.
La révolution chassa les moines et les bâtiments furent vendus le 8 Thermidor de l'an IV (26 juillet 1796). Même l'ermite de Saint-Livier dut abandonner son poste et la chapelle fut vendue le même jour. Le receveur des finances de Château-Salins, M.Blahay, guéri autrefois par la source, acheta la chapelle 680 francs. Les pèlerinages ne s'arrêtèrent pas pendant ces temps troublés.
En 1886, un prêtre originaire de Château-Salins, camérier du pape Léon XIII, devenu propriétaire de la chapelle, la céda à l'évêché de Metz. Pendant la deuxième guerre mondiale, les bâtiments subirent de gros dommages, notamment une des colonnes du péristyle. La chapelle servit d'abri pendant les combats de novembre 1944, une plaque posée par l'association des amis de Saint-Livier évoque la mémoire d'un soldat américain décédé là le 10 novembre 1944.
De nombreux moyenvicois s'attachèrent à restaurer la chapelle après la guerre et des soeurs s'installèrent dans l'ermitage en 1978.
Une fois de plus, perpétuant ainsi, comme on l'a vu, une tradition vieille de plusieurs siècles, on attend beaucoup de monde, ce dimanche, sur les lieux du martyre de Livier.



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