Un vétéran américain sur la côte Saint-Jean
Cela faisait soixante-six ans qu'il n'avait plus remis les pieds dans le Saulnois mais ce court séjour dans notre région aura fait remonter à la surface de nombreux souvenirs. Lors de son dernier passage, il avait failli perdre la vie en tentant de libérer notre pays. Hall Duncan était soldat dans l'armée américaine et servait au sein de la 26è Yankee Division, dans le 101 régiment. Celui-là même qui avait permis la libération de nombreux villages du Saulnois, dont Moyenvic, au mois de novembre 1944.
Envoyé par son Etat Major pour palier aux très lourdes pertes enregistrées par le régiment entre les 8 et 15 novembre, Hall Duncan, débarqué quelques jours plus tôt à Caen, fut blessé à la main le 19, entre Guébling et Bourgaltroff. Alors qu'il tentait d'évacuer un de ses camarades blessé, Hall, trébucha tandis qu'une mitrailleuse allemande le visait. Sans cette chute, il aurait certainement reçu la balle dans la tête. Il réussit miraculeusement à se mettre à l'abri et eut la vie sauve, tout comme son collègue d'ailleurs.
Evacué à Reims, il aura eu à l'hôpital, un bref échange avec le général Patton en personne, qui lui demandera seulement s'il avait abattu l'homme qui l'avait blessé. Le soldat Duncan lui répondit que les balles fusaient dans toutes les directions et qu'il n'avait aucune idée de ce qui était arrivé au sniper qui l'avait touché.
Honoré par la commune de Bourgaltroff qui organisait, ce samedi 26 février après-midi une belle cérémonie en son honneur, Hall Duncan avait souhaité s'arrêter avant, devant la stèle, qui commémore, sur la côte Saint-Jean, la terrible bataille de Moyenvic. 478 soldats américains avaient perdu la vie pendant l'offensive américaine, lancée le 8 novembre 1944, au petit matin.
A bientôt 87 ans, l'ancien soldat devenu professeur de communication, écrivain et ilustrateur de livres pour enfants, très sollicité tout au long de son séjour a pris le temps, avec une extrème gentillesse et dans un très bon Français de répondre aux questions de ses interlocuteurs. Il a promis, avant de prendre congé, de revenir au mois de septembre prochain.
Pendant le conflit, Hall Duncan a fait de nombreux croquis. En voici quelques uns :

